Qu’auriez vous fait à ma place?

Il est 18h10. Après une dure (style!) journée de boulot, je m’en rentre chez moi. Vu qu’il y a eu pas mal de soleil aujourd’hui, je décide de changer mon itinéraire et de marcher quelques 10 minutes pour rejoindre l’arrêt de bus sur le boulevard de la liberté. Histoire de bien faire les choses, je décide de brancher mon casque bluetooth et d’écouter ChérieFm, tout en avançant. 10m. Un regard aux travaux de la grand place. 20m. Je manipule mon téléphone pour me débrouiller avec mes connexions bluetooth. 100m. Je n’en ai toujours pas fini avec mon téléphone, je continue d’avancer tout en levant les yeux tous les 3 pas pour ne cogner personne. 150m: BAAaaaMmmmm!

Je viens de ressentir une douleur dans le tibia. En dessous de mon téléphone sur lequel j’avais les yeux rivés, il m’a semblé voir une jambe se mouvoir et frapper mon os. Je lève les yeux. Un type – genre un claudo déambulant, 1m90, habillé d’une doudoune bleue au cas où vous le croiseriez – me regarde, me traverse. Et tout en s’en allant, profère des mots à mon endroit – je n’entends rien, j’ai mon casque aux oreilles. Et puis s’en va, tandis que je contemple sa masse se déplacer sur la Rue Nationale.

Toute l’action a duré 43 secondes. Une femme – style mère de famille, 1m65, brune – arrive à ma hauteur et me demande si ça va. Elle me dit : »Il vous a tapé, je l’ai vu. Et puis il vous insulté ». Nous nous mettons à cheminer dans la même direction. Elle me demande si ça m’arrive souvent. Je lui réponds non. En fait, aussi loin que je puis me souvenir, je n’ai jamais reçu de coup de quiconque et n’ai jamais participé de près ou de loin à une bagarre. Je réponds à la dame  » Il avait l’air dérangé ». Nous nous séparons 10m plus tard, Madame ayant atteint sa destination, un magasin de vêtement – mariage ou bébé, je ne m’en souviens plus, tellement j’étais perplexe.

Je vous épargnerais les pensées qui m’ont traversé l’esprit sur le coup. Il y en a eu des irrationnelles, et des plus rationnelles. Au final, j’ai continué mon chemin comme si de rien n’était. Après tout, me dis-je, ça n’a pas fait plus qu’un coup que j’aurais reçu en jouant au foot avec les copains.

Mais en y repensant, devrions nous ne rien faire? Lui donner une leçon? En prendre une soi-même? Appeler la police ou les services sociaux pour un dérangé? Protéger son -précieux- téléphone? Est-ce lié au disparations de jeunes hommes sur la rue royale? Est-ce dû à mon téléphone ou au fait que je suis noir? Ou alors à la couleur de mon bonnet?  J’avoue que je ne sais.

Et vous, qu’auriez vous fait?

PS: en écrivant ce billet je sens encore une petite pointe -psychologiqe?- de cette douleurette dans le tibia. Curieuse aventure quand même!

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3 Responses to “Qu’auriez vous fait à ma place?”

  1. jip dit :

    Un jour il y a bien 20 ans de cela, ma mère et ma soeur se rendaient à Lille en tramway. A l’arrêt « 3 suisse »s à Mouvaux où elles allaient prendre leur tram un type de type claudo lui aussi officiellement dérangé pourl’avoir déjà croisé à plusieurs reprises dans le coin, se mit à jeter ses chaussures sur les deux membres faibles de ma famille tout en vauciférant un tas d’insultes inaudibles pour certaines.
    Elles ont fuit le phénomène qui semble t-il, gardait son banc comme une place forte sous un siège. Ma maman ne ressemble pourtant pas à un croisé !

    Il m’est arrivé un soir de 14 juillet 2006 ou 2007 de recevoir un coup gratuit, un coup de poing dans le « dos du crâne » (oui bon ça va, je suis nul en géologie du corps) d’un taré drogué que je croisais (sans toujours avoir moi-mëme l’air d’un croisé).
    J’ai prévenu les policiers municipaux qui encadraient le public pour la fête données ce soir là par Danny Brillant, concert gratuit à la Madeleine, où on venait avec Pauline rejoindre le reste de la famille. Mais les municipaux trop occupés à surveiller le mouvement de la foule pour éviter…ben je ne sais pas trop quoi sinon ce qui m’est arrivé… m’expliquaient qu’un signalement du « taré’ leur avait déjà été fait et que les nationaux allaient arriver sur les lieux pour patrouiller et tenter l’interpélation. (il était 21h).

    Après le feu d’artifice que, d’ailleurs je ratais à moitié étant resté seul chez ma soeur avec une poche de glace sur la nuque – à moitié dis-je, oui car il y avait feu d’artifice dans ma tête à cause du coup et du traumatisme reçu ce jour-là – donc après le feu d’artifice, je repars avec Pauline vers 00h30 et là plusieurs voitures de la BAC, un fourgon, des chiens, les pompiers, les municpaux, la nationale et tous les badaux et voisins dehors, mon « taré » en fuite, un homme gisant à terre quelques mêtres plus loins en train d’être secouru par le samu et les pompiers, et j’apprenais que mon taré avait taper sans raisons un homme croisé (toujours pas en côte de maille) dans la rue. J’ai pensé que je l’avais échappé belle.

    1 an plus tard je croise un témoin de l’action qui m’explique que l’homme gisant à terre est resté deux mois dans le coma ! Cette affaire est remplie de détails tous plus incroyable les uns que les autres. Mais je vous en épargne le récit, je vais rater la deuxième mi-temps.

    J’ai aussi des coups plus durs en jouant au foot avec les potes, ou même au basket mais c’est le traumastisme bien réél qui fait la différence.
    Ne me parlez plus ni de 14 juillet, ni de feu d’artifice ni de Danny Brillant !

    • Juste MBAMBA dit :

      Mr JiP, tu es trop bon. Dans un sens, tu me rassures, ce « phénomène » est arrivé à d’autres amoureux de Sony Ericsson que moi. Et que je dois m’estimer heureux d’avoir échapé à un coma.
      Dieu merci!

  2. Marie BOYOMO dit :

    Déjà, je l’aurais vu arriver. :-)

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